L‘Afrique poursuit résolument son chemin vers une plus grande autonomie économique et financière. Une étape décisive a été franchie le 30 décembre 2025 avec la signature d’un protocole d’accord entre la Banque centrale d’Égypte et la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). Cet acte officiel lance concrètement le projet de création d’une Banque panafricaine de l’or, dont le siège sera établi au Caire.
L’objectif de cette future institution est clair structurer et dynamiser toute la filière aurifère du continent. Elle vise à capitaliser sur l’immense potentiel africain, celui-ci étant l’un des principaux producteurs d’or au monde. Son action s’étendra sur l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis l’extraction du métal précieux jusqu’à sa commercialisation finale.
Pour le journaliste sénégalais Boubacar BA, cette initiative représente un tournant stratégique majeur. Elle met en lumière une vérité économique fondamentale, trop souvent négligée «Ce ne sont pas les matières premières qui enrichissent durablement les nations, mais leurs transformations locales», rappelle-t-il. La banque s’inscrit donc dans cette logique de valorisation interne.
Le projet intervient dans un contexte où l’Afrique occupe déjà une place prépondérante sur le marché mondial. Avec une production annuelle dépassant 680 tonnes, le continent fournit environ un quart de l’or mondial. Face aux incertitudes géopolitiques et économiques, de nombreux pays africains ont d’ailleurs intensifié leur production, confortant le statut de l’or en tant que valeur refuge.
Les bénéfices attendus de cette banque sont multiples. Comme l’explique Boubacar BA, elle «permettrait non seulement de capter davantage de valeur sur le sol africain, mais aussi de renforcer les réserves des banques centrales». Dans un environnement financier international instable, cette institution offrirait un outil puissant pour sécuriser les économies du continent.
Le choix de l’Égypte pour abriter le siège de la future banque n’est pas un hasard. Le pays confirme ainsi son rôle de centre financier régional de premier plan. Il accueille déjà le siège d’Afreximbank, une institution qui a massivement investi dans son économie. Cette décision renforce l’influence du Caire dans les dynamiques économiques africaines.
Au-delà de la filière aurifère, l’impact de la Banque panafricaine de l’or est conçu pour être large. Elle doit soutenir des projets stratégiques dans des secteurs clés tels que l’énergie, les télécommunications, la construction et l’industrie manufacturière. Ainsi, l’institution contribuera à consolider le développement économique de l’ensemble du continent.










