La Mauritanie et le Sénégal resserrent leur coopération stratégique. Le Premier ministre mauritanien, Moctar Ould Djay, s’est rendu à Dakar les 8 et 9 janvier 2026 pour sa première visite officielle depuis sa prise de fonction en 2024. Ce déplacement fait suite à celui de son homologue sénégalais à Nouakchott un an plus tôt. Au cœur des discussions le renforcement des partenariats dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et du commerce.
Ce déplacement s’inscrit dans la continuité de la visite effectuée à Nouakchott par son homologue sénégalais, Ousmane Sonko, en janvier 2025. L’objectif déclaré est de consolider le dialogue politique et d’approfondir un partenariat stratégique multidimensionnel et durable entre les deux nations voisines.
Cette dynamique de coopération s’articule autour de projets structurants majeurs. Le projet gazier transfrontalier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) et le pont de Rosso en sont les piliers, essentiels pour les secteurs de l’énergie et de la circulation des biens et des personnes.
La coopération bilatérale s’étend également aux domaines de la sécurité, avec des patrouilles conjointes, ainsi qu’à la libre circulation, à l’élevage et à la pêche. La Mauritanie demeure, à ce titre, le principal fournisseur de moutons pour le Sénégal. Ces initiatives visent à promouvoir une intégration économique plus poussée et une stabilité régionale accrue.
Selon l’analyste Boubacar Ba, ces infrastructures comme le pont de Rosso et les accords sur la libre circulation sont de véritables accélérateurs d’intégration. À court terme, ils fluidifient les échanges, réduisent les coûts et sécurisent les déplacements des acteurs économiques transfrontaliers, ce qui réduit l’informel et booste la productivité.
À moyen terme, leur impact est jugé encore plus structurant. «Il n’y a pas photo. On va créer un corridor économique durable entre le nord du Sénégal et le sud de la Mauritanie», estime le journaliste sénégalais.
Concernant le projet GTA, Boubacar Ba souligne que ses bénéfices immédiats résident dans la création d’emplois indirects et l’apport de recettes fiscales. Cependant, l’enjeu à moyen terme est plus stratégique une gestion commune réussie de cette ressource pourrait transformer le gaz en un levier de financement pour les infrastructures, l’énergie locale et la création d’emplois durables.
Le partenariat entre la Mauritanie et le Sénégal, réaffirmé par la visite officielle de janvier 2026 à Dakar, entre dans une phase de matérialisation ambitieuse. Porté par des projets structurants tels que le pont de Rosso et le développement du champ gazier Grand Tortue Ahmeyim, il construit une intégration économique tangible. Cette alliance, qui articule développement des infrastructures, sécurité commune et coopérations sectorielles, est en train de faire émerger un corridor économique intégré.










