Sur le plan économique, la Chine vise à accroître ses exportations, écouler sa surproduction et conquérir de nouveaux marchés pour ses entreprises BTP, profitant de la croissance de l’Asie centrale. Elle cherche aussi à diversifier et sécuriser ses approvisionnements énergétiques. Et sur le plan politique, la Chine cherche à stabiliser le Xinjiang, région clé en ressources mais troublée par des tensions ethniques, en développant ses voisins (Afghanistan, Kazakhstan) pour sécuriser ses frontières.
Selon un rapport récemment publié par l’Université Griffith (Australie), le continent africain est cette année le principal bénéficiaire des investissements chinois dans le cadre des Nouvelles Routes de la Soie, lancées il y a plus d’une décennie.
La Chine a radicalement changé sa stratégie en matière d’investissements, redéfinissant ses priorités géopolitiques et économiques. Désormais, elle concentre ses fonds sur un petit nombre de pays qu’elle considère comme essentiels, tandis que d’autres, qui bénéficiaient auparavant de son soutien, voient leurs financements fortement réduits, voire coupés.
La Chine a injecté 39 milliards de dollars en Afrique en 2025 dans le cadre de ce projet, marquant une hausse de 400 % par rapport à l’année précédente. Le Nigeria arrive en tête avec 21 milliards de dollars, destinés notamment au méga-projet gazier d’Ogidigben, au sud de Lagos. La Tanzanie suit avec 3,6 milliards, principalement pour des infrastructures facilitant l’exportation de terres rares. Les pays comme le Cameroun, Madagascar, le Zimbabwe ou l’Afrique du Sud n’ont reçu aucun nouveau financement cette année, contrairement à 2024.
D’après l’Institut asiatique de l’Université Griffith, la Chine optimise désormais ses investissements en ciblant les pays capables d’offrir des ressources stratégiques (gaz, pétrole, terres rares) comme garanties financières. Cette approche explique la concentration des fonds sur des partenaires clés, au détriment d’autres économies africaines.
Pékin renforce son emprise économique sur l’Afrique, mais de manière sélective, privilégiant les pays riches en matières premières et à fort potentiel industriel.










