Le choix de ce pays n’est pas un fait hasard car depuis début 2022, Maurice a enregistré près de 1 100 incidents dans son cyberespace sous une dizaine de formes. Il s’agit plus particulièrement de piratages d’arnaques, de « extorsion », d’usurpation d’identité, de fraudes, et d’utilisation de logiciels malveillants. Le risque n’a cessé de croître avec une hausse de 40% de l’usage des services numériques depuis la pandémie. Même si les autres pays du continent ne sont pas épargnés par ce phénomène, le mieux serait, selon les conférenciers, de commencer là où le danger est plus perceptible.
D’ailleurs, Rajnish Hawabhai, directeur technique au ministère de la Technologie, de l’Information, de la Communication et de l’Innovation, a constaté des cyberattaques de nature à porter préjudices à l’économie. « On peut voir qu’il y a des entreprises qui ont été mises en danger pendant un certain temps. Nous avons constaté des attaques sur les services de l’État. C’est quelque chose qui est constant, comme partout ailleurs ».
Maurice est classé 1er en Afrique et 17e mondial en termes de cybersécurité. Cela n’a été possible que grâce à plusieurs mécanismes selon Rajnish Hawabhai : « nous avons mis en place beaucoup de choses. Nous avons mis en place notre nouvelle législation. Nous avons fait ce qu’on appelle en anglais un SOC, “security operation center ».
La cybercriminalité est un véritable danger en Afrique, surtout avec l’évolution de la technologie. Forte heureusement plusieurs pays en prennent déjà conscience. Cependant il faudrait un combat commun pour espérer faire reculer ce phénomène et c’est la vision de Maurice selon Deepak Balgobin, ministre de la Technologie : « Nous pouvons travailler ensemble avec les autres pays africains ».
Toutefois même si les efforts sont conjugués, le combat ne sera pas gagné à l’avance car les attaques sont constantes et différentes d’un pays à l’autre. Les transactions bancaires via mobile sont les plus ciblées par les arnaqueurs et pirates en ligne. « Pour plusieurs pays, le problème majeur est la fraude via le téléphone mobile. Chaque pays a sa réalité. Pour Maurice, c’est le tourisme qui peut être est ciblé », explique Hannes Krause, coordonnateur du projet Cyber Résilience en Afrique en poste à Maurice.
C’est là qu’on interpelle la vigilance des utilisateurs de ses services, toujours se poser un certain nombre de questions en accédant à des services en ligne. « Est-ce qu’ils protègent bien leur téléphone ? Est-ce qu’ils protègent bien leurs mots de passe ? Est-ce que les services bancaires qu’ils utilisent avec leur téléphone mobile sont fiables ? Est-ce qu’il y a une identification à deux niveaux pour être sûr que la bonne personne accède à ses documents ? ». Ainsi, même si le problème ne peut totalement pas être résolu au moins on réduit les risques.
Tous les États africains doivent se préparer contre ce risque. La cyber-résilience implique une mise à jour constante des systèmes, des infrastructures, des lois et des expertises numériques dans tous les pays.