Cette initiative, lancée conjointement par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), vise à identifier les besoins spécifiques du pays et à proposer des solutions techniques innovantes, notamment à travers l’utilisation de la science et des technologies nucléaires.
Une attention particulière a été portée au développement de nouvelles variétés de riz, plus résistantes aux conditions climatiques extrêmes et aux ravageurs, dans un contexte où le riz constitue un aliment de base pour la population burkinabè.
Des visites de terrain pour un diagnostic approfondi.
Au cours de la mission, les experts ont mené des visites techniques dans plusieurs institutions clés, notamment :
– Le laboratoire de santé animale et l’installation de sélection végétale de l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA),
– Les laboratoires de génétique végétale et de nutrition de l’Université Joseph Ki-Zerbo,
– La station de taureaux du ministère de l’Agriculture à Loumbila.
Ces visites ont permis de recueillir des données essentielles pour l’élaboration d’un rapport d’évaluation intégré, qui servira de base à un plan d’action national en faveur de la sécurité alimentaire.
L’initiative Atoms4Food : science nucléaire au service de l’agriculture durable.
Lancée en 2023, l’initiative Atoms4Food s’inscrit dans les Objectifs de développement durable (ODD), en particulier l’ODD 2 : Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable. Dotée d’un budget de 9 millions d’euros, elle propose un accompagnement technique structuré autour de six axes :
– Évaluation des besoins et élaboration de plans d’action sur mesure,
– Amélioration des variétés de cultures,
– Gestion durable des sols, de l’eau et de la nutrition des plantes,
– Production et santé animales, y compris la lutte contre les insectes nuisibles,
– Sécurité sanitaire des aliments,
– Nutrition en santé publique.
À ce jour, 29 pays ont officiellement manifesté leur intérêt pour ce projet. Le Burkina Faso fait partie des cinq premiers pays à avoir accueilli une mission d’évaluation Atoms4Food, aux côtés du Bénin, du Pakistan, du Pérou et de la Turquie, en raison de la sévérité de la situation alimentaire qui y sévit.
Une situation alimentaire critique au Burkina Faso.
Selon les données de Our World in Data, environ 40 % de la population burkinabè souffre d’insécurité alimentaire modérée à sévère en 2025, soit près de 8,8 millions de personnes. Le riz, l’une des céréales les plus consommées dans le pays, est au cœur des enjeux : 50 % de la consommation nationale est encore importée.
Face à cette dépendance, les autorités ont fixé un objectif ambitieux : produire un million de tonnes de riz par an pour atteindre l’autosuffisance. Cependant, plusieurs défis persistent : accès limité aux terres cultivables, dégradation de la qualité des sols, accès irrégulier à l’eau, vulnérabilité des semences aux aléas climatiques et aux ravageurs.
Les techniques nucléaires offrent des solutions concrètes à ces problématiques, notamment par : l’amélioration génétique des semences, une meilleure gestion des ressources en eau et le suivi de la fertilité des sols.










