Confronté à un sous-emploi massif qui fragilise l’avenir de sa jeunesse, le Burundi mise sur un partenariat stratégique avec l’Italie pour changer la donne. Les autorités burundaises ont lancé un programme ambitieux visant à former 150 000 jeunes dans des filières techniques et linguistiques adaptées aux besoins du marché international. À travers cette initiative, le pays entend offrir des perspectives concrètes d’insertion professionnelle à une génération confrontée à un marché du travail saturé, tout en faisant de l’emploi un levier de stabilité et de développement durable.
Cette initiative répond à une réalité préoccupante : chaque année, des milliers de jeunes arrivent sur un marché du travail déjà saturé. Dans sa volonté d’améliorer l’employabilité de sa population, le Burundi a donc choisi de miser sur un dispositif combinant formation linguistique et apprentissage technique. L’objectif est de préparer les bénéficiaires à une insertion professionnelle durable en les formant à des métiers recherchés à l’international.
Comme le souligne Faustine NDAYISHIMIYE, Directrice Générale par intérim de l’Office pour l’Emploi du Burundi : « L’emploi est l’un des grands facteurs de la stabilisation politique, de la paix et du développement économique durable. Toutefois, la création de l’emploi est une question à l’origine de plusieurs mots qui nécessitent des réponses adéquates et durables. » Cette vision guide le partenariat avec l’Italie, qui cherche à apporter des solutions concrètes à la crise de l’emploi.
Le programme prévoit des formations dans plusieurs filières porteuses, notamment l’entretien de véhicules, la conduite de machines agricoles, le bâtiment, la plomberie l’hôtellerie, l’aide aux personnes âgées, la cuisine, et la pâtisserie. Ces secteurs ont été choisis pour leur adéquation avec les besoins du marché du travail italien et européen, offrant ainsi des perspectives concrètes aux jeunes diplômés.
Cette initiative intervient dans un contexte économique difficile marqué par le sous-emploi chronique. D’après la Banque africaine de développement, plus de 50 % de la main-d’œuvre burundaise était en situation de sous-emploi en 2024. Par ailleurs, selon la Banque mondiale, environ 150 000 jeunes arrivent chaque année sur un marché du travail qui peine à les absorber.
Faustine NDAYISHIMIYE insiste sur l’importance des données pour guider ces politiques : « Personne ne peut ignorer l’importance des statistiques sur le marché du travail, car elles constituent la clé du succès des politiques de la lutte contre le chômage et la pauvreté. Ces statistiques permettent également de comprendre les tendances du marché du travail. » En 2024, le taux de chômage officiel des 15-24 ans était de 1,62 %, un chiffre qui cache en réalité la forte présence d’emplois informels et précaires.
Ce partenariat avec l’Italie s’inscrit dans la continuité des efforts nationaux, prolongeant notamment le Programme d’autonomisation économique et d’emploi des jeunes lancé en 2021 par le gouvernement burundais. Il représente une étape supplémentaire dans la recherche de solutions durables pour offrir un avenir professionnel à la jeunesse du pays.










