L’ère de la technologie de pointe continue son bout de chemin. Une mission conjointe NASA-ISRO, après des travaux concluants, a récemment procédé, en Inde, au lancement du satellite NISAR (NASA-ISRO Synthetic Aperture Radar). Une réalisation qui vise la surveillance environnementale à l’échelle mondiale.
Le Satellite NISAR.
Le Satellite NISAR (NASA-ISRO Synthetic Aperture Radar) est un satellite à radar d’imagerie combinant deux fréquences radars : la bande L de la NASA et la bande S de l’ISRO. Ce satellite, d’après la NASA et l’ISRO, cartographiera la Terre tous les 12 jours avec une fauchée de 240 km, permettant une surveillance régulière et détaillée de la planète.
Ceci afin de surveiller le recul des glaciers, identifier les zones à risques en termes de glissements et d’inondations, observer les impacts du changement climatique et les modifications environnementales, mettre gratuitement les données recueillies à la disposition des chercheurs, renforcer l’accès scientifique et la coopération internationale.
Satellite NISAR : Enjeux pour l’Afrique.
Le Satellite NISAR est une aubaine pour l’Afrique. D’après Kevin Tchokodeu, ingénieur en Allemagne, le satellite NISAR permettra, par son ultra-technologie, de réparer les préjudices écologiques causés en Afrique et dans le monde.
« NISAR utilise une technologie radar différente. À l’opposé de Sentinel-1, qui repose sur un système radar d’ouverture C-band SAR (~5,6 cm de longueur d’onde), NISAR combine deux bandes, L-band (~24 cm) et S-band (~10 cm), ce qui permet une meilleure pénétration du sol et une mesure plus précise des déformations du sol, même sous la végétation. » a-t-il affirmé.
Selon l’ingénieur, cette précision sera utile pour un inventaire plus approfondi des dommages causés à l’environnement et pour une réparation de ces dommages. « Réparer les préjudices écologiques ne consiste pas seulement à dédommager financièrement les personnes qui vivent dans l’environnement. Le principal bénéficiaire des réparations devrait être l’environnement lui-même. » a-t-il ajouté.
D’après lui, ce satellite est une réalisation importante pour l’Afrique. Surtout pour la jeunesse et en particulier les jeunes qui s’orientent professionnellement vers les questions relatives à l’environnement et à la géographie. « Les données générées par NISAR seront accessibles à tous. Sans avoir mené une étude concrète du secteur, j’ai la vision de la mise sur pied d’un logiciel ou d’une plateforme pour l’inventaire forestier, l’analyse des risques de catastrophes naturelles, la détection des ressources d’eau et une agriculture plus intelligente. », a-t-il confié.
Notons également que Kevin travaille avec de jeunes personnes du domaine pour peaufiner les possibilités d’exploitation des données qui seront fournies par NISAR. « Lors de mes nombreux tours de curiosité sur le net, j’ai trouvé le fichier d’une présentation récente de l’association d’un syndicat d’exploitants du bois du Cameroun. Il s’agissait d’un projet d’exploitation des données de Sentinel I et II pour un inventaire. J’ai trouvé cela peu actuel, vu les meilleures potentialités que promet le projet conjoint NASA-ISRO. Dès lors, l’idée m’est venue de discuter avec des jeunes de ma génération pour exploiter les potentialités de NISAR au moins à la même finalité et les proposer au Ministère des Forêts et de la Faune du Cameroun. » a-t-il expliqué.
Kevin Tchokodeu.
Kevin Tchokodeu est un ingénieur résidant en Allemagne. Il est passionné par les questions relatives à l’environnement et a participé, en 2021, à la NASA Space App Challenge Kaiserslautern, un concours organisé conjointement par la NASA et l’organisation « Africa Development Incubators e.V. ». Pour ce concours, il était question de présenter en moins de deux minutes l’un des projets en cours ou une thématique importante pour la NASA.
« Je n’avais pas connaissance du projet NISAR avant la NASA Space App Challenge. Après l’avoir trouvé listé parmi les projets potentiels à présenter, les membres de mon équipe, constituée de deux Chinois et d’une autre Camerounaise, ont décidé de travailler dessus. Nous n’avons pas remporté le prix. Mais j’ai beaucoup aimé le projet que nous avons présenté et, dès lors, plusieurs idées sur le potentiel des données de NISAR ont nourri ma réflexion au quotidien. Grande a été ma satisfaction de constater qu’il est en orbite depuis le 30 juillet dernier. » a-t-il déclaré.
Un avenir plus serein du point de vue satellitaire s’annonce pour le monde où la réparation des dommages et la prévention de certaines catastrophes environnementales s’avèrent cruciales pour notre survie.










