En effet, Orano avait perdu, il y a déjà plusieurs mois, le contrôle opérationnel de ses activités dans plusieurs sociétés, notamment Somaïr, Imouraren et Cominak. Le permis d’exploitation d’Imouraren, l’un des plus grands gisements d’uranium au monde, lui avait été retiré en juin dernier.
Malgré cela, la multinationale demeurait actionnaire majoritaire, ce qui avait conduit à une série de procédures d’arbitrage initiées par la France. La nationalisation vient clore ce bras de fer, affirmant la primauté des intérêts nigériens.
Au-delà du dossier Orano, cette mesure traduit une orientation plus large du Niger vers un repositionnement géopolitique assumé. Le pays, dirigé par les militaires depuis 2023, s’ouvre à de nouveaux partenaires internationaux tels que la Russie et l’Iran, rompant progressivement avec l’influence historique de la France dans la région. Cette nouvelle dynamique repose sur un principe fondamental : la souveraineté des nations africaines dans la gestion de leurs ressources.
Les tensions ne se limitent pas au domaine économique. Le Niger accuse régulièrement d’anciens partenaires de chercher à le déstabiliser, tout en consolidant son autonomie politique. Dans cette optique, les autorités ont également expulsé des ressortissants chinois du secteur pétrolier, dénonçant des pratiques contraires aux réglementations locales. Ce tournant illustre la volonté du pays de faire respecter les règles sur son territoire, quels que soient les partenaires concernés.
Par ailleurs, la fermeture de la frontière avec le Bénin, accusé de collusion avec des intérêts étrangers, a entraîné le blocage de plus de 1 300 tonnes de concentré d’uranium, d’une valeur estimée à 250 millions d’euros. Ce stock, qui transitait habituellement par le port de Cotonou, est désormais immobilisé sur le site de Somaïr, soulignant l’ampleur du bouleversement géopolitique en cours dans la région.
Ce choix stratégique de Niamey, loin d’être un repli, illustre au contraire une volonté croissante des États africains de reprendre pleinement en main leur destin. Dans un monde en recomposition, le Niger s’affirme comme un acteur central dans la redéfinition des relations entre l’Afrique et ses anciens partenaires, tout en démontrant sa capacité à défendre ses intérêts face aux géants de l’industrie mondiale.










