Au Niger, les autorités poursuivent activement leurs échanges avec les partenaires techniques et financiers afin de renforcer la stabilité macroéconomique du pays. Ces discussions s’inscrivent dans un contexte marqué par une hausse significative des exportations pétrolières, mais aussi par la persistance de défis sécuritaires majeurs. L’objectif est de maintenir une dynamique positive tout en consolidant les réformes engagées.
Dans cette optique, un nouveau décaissement du Fonds monétaire international est en préparation. D’un montant d’environ 91 millions de dollars, soit près de 77 millions d’euros, il devrait être officiellement validé au mois de mars. Cette aide s’intègre dans le cadre des revues du programme en cours et combine un soutien budgétaire classique avec un volet spécifiquement dédié à la résilience climatique et à la durabilité économique.
Selon l’économiste Adamou Louché, l’économie nigérienne affiche depuis plusieurs mois des signes tangibles de reprise. Il attribue cette dynamique au démarrage des exploitations pétrolières à grande échelle ainsi qu’à une campagne agricole particulièrement favorable. Ces deux leviers ont contribué à relancer l’activité économique et à améliorer les conditions de vie d’une partie de la population.
Le FMI confirme cette tendance en soulignant que les objectifs fixés pour 2025 ont été globalement atteints, notamment en matière de mobilisation des recettes et de gestion des finances publiques. L’institution prévoit une croissance de 6,9 % en 2025, suivie de 6,7 % en 2026. Quant au déficit public, il resterait maîtrisé en 2025 avant d’atteindre 3,7 % du PIB en 2026, sous l’effet de dépenses supplémentaires liées aux chocs climatiques.
Malgré ces avancées, Adamou Louché met en garde contre la fragilité des acquis. Il rappelle que le Niger évolue dans un environnement marqué par des chocs sécuritaires persistants, une vulnérabilité accrue aux aléas climatiques, ainsi qu’un durcissement des conditions de financement international. À cela s’ajoute une possible contraction de l’aide au développement, qui pourrait freiner les efforts en cours.
Ces perspectives s’inscrivent dans le prolongement du rebond observé en 2024, année durant laquelle la croissance a atteint 8,4 %, contre seulement 2 % en 2023. Cette performance a été portée par les exportations pétrolières et une production agricole en forte hausse. Par ailleurs, le taux d’extrême pauvreté a reculé, passant de 47,8 % à 45,3 %, permettant à environ 270 000 personnes de sortir de cette situation.
L’économie nigérienne reste fortement dépendante de quelques secteurs clés : l’uranium, le pétrole et l’agriculture. Dans un contexte sécuritaire et diplomatique toujours sensible, la diversification économique et la résilience face aux chocs externes demeurent des enjeux cruciaux pour garantir une croissance durable et inclusive.










