Après de multiples tentatives, le CNRM (Conseil National de Régulation des Médias) a récemment enfin été adopté par l’Assemblée nationale sénégalaise. Une initiative du ministre de la Communication, du Numérique et des Télécommunications, Alioune Sall.
Ce nouvel organe de régulation de la communication remplace le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), créé en 2006 et jugé inadapté aux évolutions du paysage médiatique par plusieurs observateurs.
L’objectif avec ce nouvel organisme est d’élargir la régulation à l’ensemble des médias, y compris les plateformes numériques, les médias en ligne et les créateurs de contenus (tiktokeurs, youtubeurs, etc.).
D’après les informations rendues publiques, le Conseil National de Régulation des Médias disposera de compétences renforcées pour encadrer les dérives dans l’espace médiatique. L’organe pourra, entre autres, infliger des amendes en cas de propos jugés diffamatoires ou contraires aux règles des contenus en ligne.
D’après le ministère, cette évolution vise à adapter la régulation aux réalités numériques. « Cette compétence de retrait des contenus n’existait pas auparavant pour le régulateur. Elle va permettre au Sénégal de disposer d’un dispositif comparable à celui de certains pays de la région comme la Côte d’Ivoire, dont l’autorité de régulation intervient également dans le domaine numérique », a expliqué Habibou Dia, directeur de la communication au ministère de la Communication, du Numérique et des Télécommunications.
Selon lui, cette habilitation ne vise pas à restreindre la liberté de presse, mais à garantir le respect des dispositions légales et réglementaires. Malgré ces assurances, cette réforme suscite des inquiétudes au sein des professionnels des médias.
Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) redoute que les pouvoirs élargis du nouvel organe ne constituent une menace pour la liberté d’expression.






