La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri marque un tournant dans l’histoire politique du royaume, puisqu’elle devient la première femme à diriger le gouvernement marocain. Membre du Parti authenticité et modernité (PAM), elle prend la tête d’un exécutif issu d’une coalition regroupant également le Parti de l’Istiqlal, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) et l’Union socialiste des forces populaires (USFP). Cette alliance dispose d’une majorité parlementaire lui permettant de conduire son programme politique.
La nouvelle équipe gouvernementale comprend plusieurs personnalités reconduites à leurs fonctions. Abdelouafi Laftit conserve le ministère de l’Intérieur, tandis que Nasser Bourita reste à la tête du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger. Abdellatif Ouahbi conserve également le portefeuille de la Justice. Ces reconductions témoignent d’une certaine continuité dans la gestion des principaux dossiers de l’État, malgré le renouvellement de l’équipe dirigeante.
Sur le plan économique, Fouzi Lekjaa prend les commandes du ministère de l’Économie, des Finances et de la Performance publique. Ancien responsable de la gestion budgétaire et président de la Fédération royale marocaine de football, il hérite d’un portefeuille stratégique dans un contexte marqué par les besoins de financement des infrastructures, la création d’emplois et la préparation de la Coupe du monde de football 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. Les orientations économiques du nouvel exécutif seront donc déterminantes pour soutenir l’investissement et accompagner les ambitions de développement du royaume.
La nouvelle équipe compte également sept femmes, si l’on inclut la cheffe du gouvernement. Il s’agit de Fatima Ezzahra El Mansouri, à la tête de l’exécutif, Charafat Afailal, ministre de l’Énergie, des Mines et du Développement durable, Najwa Koukouss, ministre de la Famille, du Développement social et de l’Égalité, Kouloub Faitah, ministre déléguée chargée des Relations avec le Parlement et la Société civile, Madiha Khayr, ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle et de la Qualification, Fatima Saadi, ministre déléguée chargée de l’Habitat et de la Politique de la Ville, ainsi qu’Aïcha Guellaa, ministre déléguée chargée de la Réforme de l’Administration. Leur présence représente environ 22 % des 32 membres du gouvernement.
Malgré cette présence féminine, la représentation des femmes demeure un enjeu politique important. Si l’accession de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement constitue une avancée symbolique, les femmes restent minoritaires dans la nouvelle équipe. La répartition des portefeuilles soulève ainsi des questions sur leur place dans les instances de décision et sur la capacité du nouvel exécutif à renforcer leur participation aux responsabilités publiques. La présence de femmes à des postes ministériels ne suffit pas, à elle seule, à garantir une représentation équilibrée dans la conduite des politiques nationales.
Le nouveau gouvernement devra désormais répondre à plusieurs défis, notamment la lutte contre le chômage, l’amélioration des services de santé et d’éducation ainsi que le renforcement de la protection sociale. Les préparatifs de la Coupe du monde 2030 constituent également un chantier majeur, avec des investissements attendus dans les infrastructures et les transports. Dans ce contexte, la réussite de l’équipe dirigée par Fatima Ezzahra El Mansouri dépendra de sa capacité à traduire ses engagements en résultats concrets pour la population marocaine, tout en maintenant la stabilité politique et en soutenant la croissance économique.






