Au deuxième jour de sa visite officielle en République démocratique du Congo, le président burundais s’est entretenu avec son homologue Félix Tshisekedi à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa. Les deux chefs d’État ont échangé sur plusieurs dossiers d’intérêt commun, avec une attention particulière portée à l’évolution de l’épidémie d’Ebola qui frappe actuellement le pays.
En présence de la task force nationale chargée de la riposte, Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine, a insisté sur la nécessité de préserver les corridors humanitaires. Selon lui, la fermeture des frontières risquerait de ralentir l’arrivée des équipes médicales, des équipements de santé et de l’aide internationale indispensable à la lutte contre l’épidémie.
Les discussions ont également porté sur les défis plus larges auxquels le continent est confronté. Félix Tshisekedi a rappelé l’engagement commun des deux pays à faire face aux crises humanitaires, aux conséquences du changement climatique, aux difficultés économiques mondiales ainsi qu’aux attentes grandissantes de la jeunesse africaine.
Pour le président burundais, la meilleure stratégie contre Ebola repose sur la prévention, la surveillance sanitaire et la confiance dans les avancées scientifiques, plutôt que sur des mesures de fermeture des frontières. Il a souligné que ces actions constituent les moyens les plus efficaces pour limiter la propagation du virus.
Cette déclaration intervient dans un contexte préoccupant. Depuis la déclaration de l’épidémie le 15 mai dernier dans la province de l’Ituri, plus de 1 000 cas confirmés ont été enregistrés en République démocratique du Congo, tandis que le bilan humain dépasse les 267 décès.
Face à cette situation, Félix Tshisekedi a annoncé qu’il effectuerait prochainement une visite dans la province de l’Ituri. Ce déplacement doit lui permettre d’évaluer personnellement les actions engagées sur le terrain et de renforcer la coordination de la riposte nationale.
Évariste Ndayishimiye a également exprimé sa solidarité envers le peuple congolais, saluant le travail des équipes mobilisées contre l’épidémie. Il a cité l’exemple du Burundi, qui a maintenu ses frontières ouvertes tout en renforçant ses dispositifs de préparation, de prévention et de coopération avec les autorités congolaises.
Le président en exercice de l’Union africaine a lancé un appel à l’ensemble des États africains et à la communauté internationale pour qu’ils soutiennent la République démocratique du Congo. Selon lui, seule une coopération étroite, fondée sur la solidarité et la confiance dans la science, permettra de contenir efficacement cette nouvelle flambée d’Ebola.






