D‘après un communiqué publié sur le site du gouvernement ivoirien, le pays a lancé OIA manioc, l’Interprofession de la filière manioc. Une décision qui a été prise au cours d’une table ronde entre les acteurs concernés par le projet, à savoir les pouvoirs publics, partenaires techniques et financiers, institutions financières, secteur privé et acteurs de la filière manioc.
Un lancement qui marque l’aboutissement d’un processus engagé depuis novembre 2025. « Le lancement de l’OIA manioc annonce le passage d’une filière fragmentée à une filière organisée et ambitieuse », a déclaré Yedoh Kévin Nomel, président du conseil d’administration de l’interprofession.
« Au cours des trois prochaines années, l’OIA manioc travaillera à consolider sa gouvernance et établir une cartographie précise de la filière, mettre en place des mécanismes de collecte de données et de traçabilité, structurer des mécanismes de financement adaptés aux différents maillons et déployer des standards de qualité harmonisés et des contrats d’approvisionnement sécurisés », a ajouté le responsable.
Le projet prévoit, à titre d’exemple, entre autres, la valorisation de 40 000 hectares de terres agricoles, l’aménagement de 70 ha de périmètre irrigué dédié à la multiplication de boutures de manioc pour soutenir la production ou encore la construction de nouvelles unités de transformation. Des initiatives destinées à multiplier la production locale du tubercule et créer des débouchés pour les agriculteurs.
Pour rappel, cette volonté manifeste de mieux structurer la filière manioc intervient suite à des procédures entamées depuis 2025, visant à renforcer la chaîne de valeur du manioc dans le pays. C’est ainsi que le gouvernement a annoncé en mai 2025 avoir obtenu deux prêts d’une valeur totale de 45,9 milliards de francs CFA (83,7 millions $) auprès de la Banque islamique de développement (BID) pour financer la mise en œuvre du projet.
Notons que selon les données officielles, la récolte de manioc en Côte d’Ivoire a grimpé de 31,25 % en l’espace de cinq ans, passant de 6,4 millions de tonnes en 2020 à 8,4 millions de tonnes en 2024. En dépit de cette progression, la filière ivoirienne reste encore en retrait par rapport aux performances du Nigeria et du Ghana.
D’après les données de la FAO, le pays le plus peuplé d’Afrique produit plus de 60 millions de tonnes du tubercule par an, alors que la récolte ghanéenne atteint les 25 millions de tonnes.










