Cinquante ans après sa création, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest peine encore à atteindre son objectif de bâtir un véritable marché commun régional. Malgré les ambitions affichées, le commerce intra-régional reste confronté à de nombreux obstacles qui ralentissent les échanges entre les pays membres.
Dans plusieurs capitales ouest-africaines comme Abidjan, Lagos, Dakar, Accra ou Bamako, commercer demeure un véritable défi pour les entreprises. Les routes dégradées, les lourdeurs administratives, les coûts logistiques élevés ainsi que les multiples contrôles routiers compliquent considérablement la circulation des marchandises et des services.
Pourtant, l’espace communautaire représente un marché de plus de 400 millions d’habitants. Malgré ce potentiel important, les échanges intra-régionaux ne représentent encore qu’entre 10 et 15 % du commerce total de l’Afrique de l’Ouest, loin derrière l’Union européenne où les échanges internes dépassent 60 %.
Cette faible intégration commerciale s’explique notamment par des barrières structurelles persistantes. L’insuffisance des infrastructures routières et ferroviaires, les prélèvements informels sur les corridors commerciaux ainsi que les barrières non tarifaires continuent de freiner la fluidité des échanges dans la région.
Pour répondre à ces difficultés, la CEDEAO affirme avoir engagé plusieurs initiatives destinées à faciliter le commerce et le transit des marchandises. Selon KolaWole Sofola, directeur du Commerce de la CEDEAO au Nigeria, l’organisation travaille à améliorer non seulement les infrastructures physiques, mais aussi à réduire les obstacles administratifs et réglementaires qui ralentissent les échanges transfrontaliers.
Les petites et moyennes entreprises figurent parmi les principales victimes de ces contraintes. D’après l’Organisation mondiale du commerce, les coûts du commerce intra-africain restent environ 20 % plus élevés que ceux des échanges avec des partenaires extérieurs au continent. En Afrique de l’Ouest, près d’un quart des demandes de financement commercial sont refusées, un taux largement supérieur à la moyenne mondiale. Cette situation pousse de nombreuses entreprises à se limiter à leurs marchés nationaux.
Face à ces défis, la CEDEAO mise notamment sur le développement de grands corridors économiques régionaux. L’un des projets phares concerne l’axe Abidjan-Lagos, long de plus de 1 000 kilomètres. Mené avec l’appui de partenaires comme la Banque africaine de développement et l’Union européenne, ce projet d’autoroute vise à renforcer les échanges, stimuler la croissance économique et connecter plusieurs des principales économies ouest-africaines.






