À l’occasion de sa visite officielle au Burkina Faso, le 20 avril 2026, Évariste Ndayishimiye a reconnu « la réalité du terrain » au terme de son entretien avec le capitaine Ibrahim Traoré. Il a en outre plaidé pour l’édification d’un avenir commun entre l’Union africaine et la Confédération des États du Sahel.
Depuis Ouagadougou, cette prise de parole apparaît comme un signal fort. À l’occasion de ce déplacement, le chef de l’État burundais, également à la tête de l’UA, a admis la complexité de la situation sécuritaire et politique dans la région sahélienne, marquant ainsi une évolution notable dans le discours de l’organisation continentale.
À l’issue de sa rencontre avec le dirigeant burkinabè, Évariste Ndayishimiye a insisté sur la nécessité pour l’Union africaine de mieux appréhender les réalités locales. Selon lui, cette mission confiée par l’organisation traduit une volonté de mieux comprendre les dynamiques régionales et de renforcer l’unité africaine sur des bases plus concrètes.
Ce déplacement s’inscrit dans une démarche de relance du dialogue entre l’UA et la Confédération des États du Sahel. Le Burkina Faso, suspendu de l’organisation depuis le coup d’État de 2022, demeure un acteur central dans ces discussions. Les échanges ont notamment porté sur les questions sécuritaires et les conditions d’un éventuel retour au sein de l’Union.
Dans un contexte marqué par une insécurité persistante, les autorités africaines entendent privilégier une approche pragmatique. Évariste Ndayishimiye a ainsi souligné que, malgré les défis propres à chaque pays, l’unité et la solidarité doivent rester les piliers de l’action continentale, appelant à la consolidation d’un bloc africain plus cohérent.
Au-delà des déclarations, cette rencontre met en lumière des enjeux stratégiques majeurs, notamment la quête de souveraineté, la recomposition des alliances régionales et le renforcement des capacités militaires. Ces éléments témoignent d’une volonté croissante des États sahéliens de redéfinir leur position sur l’échiquier africain.
La création, en mars 2024, d’une force conjointe regroupant entre 5 000 et 6 000 soldats du Mali, du Burkina Faso et du Niger illustre cette dynamique. En saluant les efforts du Burkina Faso, l’Union africaine semble ainsi ouvrir la voie à une coopération renouvelée, davantage en phase avec les réalités du terrain et les priorités sécuritaires de la région.






