Le World Economic Outlook (WEO), récemment publié par le Fonds Monétaire International (FMI), met en évidence un léger bouleversement hiérarchique dans l’économie africaine. Ce léger bouleversement répond au nom de l’Algérie. Le pays s’impose désormais comme la troisième grande économie du continent africain, en devançant le Nigeria et en réduisant l’écart avec l’Égypte, deuxième.
L’Afrique du Sud, quant à elle, conserve sa place de leader économique africain. À l’inverse, le Maroc, lui, marque le pas et n’arrive pas à transformer sa stabilité macroéconomique en progression dans ce classement.
L’Algérie, poumon du Maghreb.
L’Algérie est un moteur de la croissance pour le Maghreb. Avec un PIB nominal proche de 290 milliards de dollars, l’Algérie s’installe à la 3ᵉ place africaine, juste derrière l’Afrique du Sud et l’Égypte. Une position glanée grâce aux recettes issues des hydrocarbures et aux efforts en faveur de la diversification des ressources, qui permettent de consolider les équilibres extérieurs et de résister au mieux aux changements macroéconomiques.
Le Nigeria rétrogradé.
Le fait à souligner avec insistance dans ce classement est le dépassement durable du Nigeria. Le Nigeria, terre d’économie, a longtemps été la première puissance économique de l’Afrique. Mais dans ce classement de fin 2025, le Nigeria recule et se positionne à la quatrième place. Une rétrogradation due à la dépréciation du naira, à laquelle s’ajoutent l’inflation et les difficultés structurelles dans le secteur du pétrole. Une situation qui pèse lourdement sur son PIB exprimé en dollars, critère retenu par le FMI pour ce classement.
L’Égypte reste deuxième.
L’Algérie, dans sa montée en puissance, se rapproche fortement de la deuxième place occupée par l’Égypte. Car, même si Le Caire conserve une avance nette, l’écart s’est considérablement réduit par rapport aux années précédentes. Une évolution qui installe Alger comme un acteur central et durable de l’économie africaine.
Maroc, un PIB 2025 stable sans croissance.
Le Maroc, avec un PIB estimé autour de 180 milliards de dollars, reste la 5ᵉ économie du continent. Le pays conserve sa position, mais sans progression notable dans le classement du FMI. Une stagnation causée par le stress hydrique, la forte dépendance énergétique extérieure et une reprise industrielle plus lente qu’anticipée. Contrairement à l’Algérie, le Maroc ne bénéficie pas d’un effet prix favorable sur des ressources stratégiques capables de gonfler rapidement le PIB nominal en dollars.
Le classement des 5 premières économies africaines 2025 (FMI).
Rang | Pays | PIB nominal 2025 (Md$).
1 | Afrique du Sud | ~420
2 | Égypte | ~350
3 | Algérie | 290
4 | Nigeria | ~280
5 | Maroc | 180
Une nouvelle hiérarchie économique.
Le classement du FMI rappelle que le PIB nominal reflète autant la taille réelle d’une économie que sa capacité à résister aux chocs monétaires et extérieurs. Dans ce jeu, l’Algérie apparaît comme l’un des grands bénéficiaires de la période récente, solidement installée à la 3ᵉ place et visant désormais l’Égypte.
À l’inverse, le Maroc donne l’image d’une économie à l’arrêt relatif, stable mais sans dynamique suffisante pour suivre le rythme des économies africaines qui gagnent en poids et en influence. Une photographie qui, sans être définitive, illustre clairement les nouvelles lignes de force du continent.










