La presse française continue de perdre de son influence en Afrique. Les autorités maliennes ont retiré LCI et TF1 des bouquets de tous les distributeurs de radiodiffusion sonore ou télévisuelle, jusqu’à nouvel ordre.
D’après la Haute Autorité de la Communication du Mali (HAC), cette suspension fait suite à la diffusion d’une séquence de 12,24 minutes, extraite de l’émission Grand Dossier le dimanche 9 novembre 2025 à 13h00. Cette séquence comprenait deux volets : « Mali, les djihadistes aux portes de Bamako » et « Mali, le nouveau fief d’Al-Qaïda ».
La HAC reproche aux deux chaînes d’avoir diffusé des « affirmations non vérifiées et des contrevérités ». Parmi ces affirmations figurent, selon elle, des allégations comme « la junte a interdit la vente du carburant » ou encore que « les terroristes sont proches de faire tomber la capitale Bamako ».
Selon le régulateur malien, ces propos constituent une violation flagrante du code de déontologie journalistique au Mali, en ce qu’ils ne respectent pas la vérité. La HAC estime que le ton alarmiste de la séquence présente un registre qui prédit « l’effondrement imminent de l’État malien », ce qui, selon elle, peut semer la panique, engendrer une défiance envers les institutions et nuire à la cohésion sociale et à l’intégrité nationale.
La décision prise par la HAC, collégiale lors d’une réunion le 12 novembre 2025, a été officiellement notifiée aux distributeurs, qui doivent suspendre sans délai la diffusion de LCI et TF1.
« Les services des télévisions LCI et TF1 sont retirés des bouquets de tous les distributeurs de service de radiodiffusion sonore ou télévisuelle au Mali, jusqu’à nouvel ordre, à compter de la date de signature de la présente décision »peut-on lire dans la note de decision de la HAC.
Une telle mesure soulève des questions : sommes-nous en train d’assister à une véritable « désoccidentalisation » de l’Afrique ? En tout cas, cette suspension illustre que le journalisme, qu’il soit radio, télévisé, écrit ou en ligne, doit reposer sur la vérité.
À travers cette décision, le Mali envoie un message fort : LCI et TF1 ne sont plus accessibles sur son territoire, et d’autres États africains pourraient s’en inspirer face à ce qu’ils perçoivent comme des abus médiatiques venant d’Europe.










