Le Niger franchit une nouvelle étape dans le renforcement de son offre énergétique. L’État nigérien a signé, le 20 août 2026 à Niamey, une convention de partenariat public-privé avec la société Niger Electricity Power Production (NEPP) pour la construction d’une centrale solaire photovoltaïque d’une capacité de 200 MWc, dotée d’un système de stockage par batteries. Le coût contractuel de l’opération est établi à 126,1 milliards de FCFA.
La convention a été signée par la ministre de l’Énergie, Pr Amadou Haoua, et le président-directeur général du groupe NEPP, Adamou Amadou Daouda. La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, Bakary Yaou Sangaré, qui dirige le comité de négociation dans le domaine de l’énergie. Le projet est présenté par les autorités comme une infrastructure stratégique destinée à accroître les capacités nationales de production électrique.
La réalisation de cette infrastructure reposera sur le modèle BOT, pour « Build, Operate and Transfer », c’est-à-dire construire, exploiter puis transférer. Après une phase préparatoire d’environ six mois consacrée notamment aux études complémentaires et à la mobilisation des ressources, la réalisation proprement dite de la centrale est prévue sur 24 mois. La convention s’étend sur une période de 20 ans, au terme de laquelle l’infrastructure doit être transférée à l’État nigérien.
Pendant la durée du contrat, l’électricité produite sera vendue à la Société nigérienne d’électricité (NIGELEC) au tarif contractuel de 35 FCFA le kilowattheure. Il s’agit du prix de cession de l’électricité à l’opérateur national et non du tarif directement appliqué aux consommateurs. Le recours au partenariat public-privé doit ainsi permettre de mobiliser les capacités financières et techniques du secteur privé pour développer une infrastructure énergétique de grande ampleur.
L’un des principaux atouts du projet réside dans l’intégration d’un système de stockage par batteries. Celui-ci doit permettre de stocker une partie de l’énergie produite pendant les périodes de forte production solaire et de la restituer lorsque la production photovoltaïque diminue. Le dispositif devrait ainsi contribuer à réduire les effets de l’intermittence du solaire et à améliorer la disponibilité et la stabilité de l’électricité injectée dans le réseau.
Le projet devrait également générer des retombées économiques et sociales. Les informations communiquées autour du partenariat font état d’environ 1 300 emplois directs et indirects, permanents et non permanents. Les négociations ont également porté sur la performance de l’infrastructure, le transfert de compétences et la création d’emplois locaux, avec l’objectif d’associer la réalisation de la centrale au développement des compétences nationales.
Avec cette centrale solaire de 200 MWc, le Niger entend valoriser davantage son important potentiel solaire et renforcer ses capacités de production électrique. Le projet devrait contribuer à améliorer la disponibilité de l’électricité et à réduire progressivement la dépendance du pays aux importations, tout en répondant davantage aux besoins des ménages, des services publics et des activités économiques. Sa concrétisation dépendra toutefois de la finalisation des études, de la mobilisation effective des ressources et du respect du calendrier de réalisation annoncé.






